Les interviews du 12 octobre : Xavier Omerin

 

Le territoire comme force collective : l’expérience du groupe OMERIN

À travers l’expérience d’OMERIN, Xavier Omerin partage sa vision de l’innovation et nous livre sa perception de la façon dont les entreprises peuvent contribuer ensemble au potentiel de leur territoire.

 

Xavier Omerin : « Il faut préparer le coup d’avance »

Leader mondial dans son métier, le groupe OMERIN est l’un de ces « champions cachés » dont le développement reste profondément ancré dans son territoire. Son histoire repose sur un savoir-faire ancien, celui du tressage, que l’entreprise a continuellement fait évoluer pour conquérir construire de nouveaux marchés et renouveler son avantage concurrentiel.

Pour Xavier Omerin, l’innovation ne se résume pas aux grandes ruptures technologiques. Elle se construit aussi dans le quotidien de l’entreprise, par l’évolution permanente des procédés et par le savoir accumulé sur le terrain. Une multitude d’améliorations parfois très simples finissent, avec le temps, par constituer un véritable avantage technologique. A ce titre, la contribution des équipes est au cœur des progrès de l’entreprise.

Mais l’innovation peut aussi venir d’une décision stratégique : savoir repérer une technologie existante, imaginer un nouvel usage et accepter d’investir pour l’adapter à ses propres produits. C’est cette capacité à regarder au-delà de son métier immédiat qui permet parfois de franchir un cap.

Cette démarche suppose aussi de laisser du temps à l’anticipation. « J’ai toujours essayé de dégager du temps pour préparer le coup d’avance », explique Xavier Omerin. Une manière de ne pas consacrer toute l’énergie de l’entreprise à la gestion du présent, mais de conserver une capacité à explorer, tester et investir dans ce qui pourra faire la différence demain.

Des PME riches de leur agilité

Cette réflexion sur l’innovation rejoint sa vision du développement des territoires. Pour Xavier Omerin, pousser systématiquement les PME à grandir n’est pas nécessairement la bonne réponse. « Les PME sont une création de richesse inestimable », souligne-t-il, en rappelant leur agilité et leur créativité.

Le potentiel des territoires réside aussi dans cette diversité d’entreprises, de compétences et de savoir-faire. Encore faut-il permettre à ces forces de se rencontrer.

La coopération prend alors tout son sens lorsqu’elle repose sur une véritable complémentarité et sur un intérêt partagé. Il ne s’agit pas de coopérer pour coopérer, mais de construire des projets dans lesquels chaque entreprise apporte une compétence et trouve un intérêt concret.

Faire avec ce que le territoire sait déjà faire

L’expérience d’OMERIN illustre ainsi une autre manière de penser la réindustrialisation : partir des savoir-faire existants, les faire évoluer par l’innovation et créer de nouvelles possibilités en rapprochant combinant les compétences.

Plutôt que de considérer les entreprises isolément, il s’agit de regarder ce qu’elles pourraient construire ensemble. Une approche qui place la coopération, non comme une fin en soi, mais comme un moyen de révéler davantage le potentiel industriel et économique d’un territoire.